Mis à jour le 20 octobre 2026.
En bref
Pour analyser vos écarts de rémunération et préparer la directive (UE) 2023/970, un logiciel de transparence salariale a besoin de vos données de paie. Il existe trois façons de les lui transmettre : l'import de la DSN (déclaration sociale nominative), l'import d'un fichier CSV ou Excel exporté de la paie ou du SIRH, ou un connecteur natif vers un SIRH précis. La DSN a un avantage décisif : elle existe déjà dans toutes les entreprises du secteur privé et suit la même norme quel que soit le logiciel de paie. Elle ne contient pas, en revanche, vos catégories de travail de valeur égale, qu'il faut construire et documenter à part.
Pourquoi l'intégration des données décide de tout
Un écart de rémunération n'est fiable que si les données qui le produisent le sont. Avant de comparer des fonctionnalités, posez trois questions à chaque éditeur :
1. Quelles données faut-il fournir, dans quel format ?
2. Que se passe-t-il quand une donnée manque ou est incohérente ?
3. Combien de temps prend un premier import complet, et qui le fait ?
Une ressaisie manuelle, même partielle, multiplie les erreurs et rend le calcul difficile à reproduire l'année suivante. C'est pourquoi le mode d'intégration est souvent le critère qui décide de l'adoption.
Les trois modes d'intégration
| Mode | Principe | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Import de la DSN | Le fichier de la déclaration sociale nominative est lu directement | Format normé, identique pour tous les logiciels de paie ; rémunérations, primes et contrats déjà présents | Ne contient pas les catégories de valeur égale ; certaines informations RH (évaluation des postes, objectifs) n'y figurent pas |
| Import CSV ou Excel | Un tableau exporté de la paie ou du SIRH est importé | Souple, permet d'ajouter des colonnes propres à l'entreprise | Le format d'export doit être maintenu d'une année sur l'autre ; risque d'écarts entre exports |
| Connecteur natif ou API | L'outil se connecte directement à un SIRH | Synchronisation régulière, peu de manipulation | Dépend du SIRH utilisé ; à vérifier logiciel par logiciel |
Les trois modes ne s'excluent pas : on peut partir de la DSN et compléter avec un fichier qui porte les informations absentes de la déclaration.
Ce que contient la DSN, et ce qu'elle ne contient pas
La DSN est organisée en blocs normés. Pour une analyse des écarts de rémunération, les plus utiles sont :
- S21.G00.30 Individu : les informations sur la personne, dont le sexe ;
- S21.G00.40 Contrat : le contrat de travail, l'emploi occupé et les éléments de classification déclarés ;
- S21.G00.51 Rémunération : les montants de rémunération versés ;
- S21.G00.52 Prime, gratification et indemnité : les éléments variables et complémentaires, utiles pour les indicateurs sur la rémunération variable prévus par la directive ;
- S21.G00.54 Autre élément de revenu brut : par exemple certains avantages.
Ce que la DSN ne vous donnera pas :
- les catégories de travail égal ou de valeur égale, qui reposent sur une évaluation des postes propre à l'entreprise ou à la branche ;
- les critères objectifs qui justifient un écart (expérience, performance, marché), s'ils ne sont pas déjà codés dans la classification ;
- l'historique des décisions de rémunération et leurs motifs.
Ces éléments doivent être construits et documentés à côté des données de paie. C'est précisément ce que la directive demande de pouvoir justifier.
Préparer son premier import : la check-list
1. Choisir la période. Une année civile complète est la base la plus lisible pour comparer des rémunérations annuelles.
2. Récupérer les fichiers. Les DSN mensuelles de la période, ou un export de paie annuel par salarié·e.
3. Vérifier les champs indispensables : sexe, emploi, classification, temps de travail, rémunération de base, éléments variables, dates d'entrée et de sortie.
4. Repérer les données manquantes ou incohérentes avant l'analyse plutôt qu'après : un temps partiel mal renseigné fausse un écart.
5. Pseudonymiser : une analyse des écarts n'a pas besoin des noms des salarié·e·s.
6. Préparer le complément : la table qui associe chaque emploi à une catégorie de valeur égale, avec les critères retenus.
7. Conserver une trace : quel fichier, quelle date, quelle version de la méthode. C'est ce qui rend le calcul reproductible.
Comment PariteCK s'intègre à votre paie
PariteCK fonctionne par import de fichiers, quel que soit le logiciel de paie ou le SIRH utilisé :
- DSN, CSV ou Excel : un export de paie suffit, sans ressaisie ;
- choix de l'année d'un tableau CSV ou Excel, avec la liste des années manquantes ;
- pseudonymisation dès l'import : les noms sont remplacés par des identifiants techniques avant analyse, et le fichier de paie brut est supprimé après traitement ;
- trace de l'import : dans l'offre Performance, chaque fichier de paie importé porte une empreinte SHA-256, reprise sur le rapport PDF des écarts ;
- hébergement dans l'Union européenne.
À partir de ces données, PariteCK calcule les écarts au global et par catégorie, les traduit en euros, simule un budget de correction, calcule l'Index Egapro actuel et propose une simulation préparatoire des sept indicateurs prévus par le projet de loi de transposition. Voir la présentation de PariteCK et le comparatif des logiciels de transparence salariale.
Questions fréquentes
Faut-il un connecteur SIRH pour préparer la transparence salariale ?
Non. Un import de la DSN ou d'un fichier CSV ou Excel exporté de la paie suffit pour analyser les écarts de rémunération. Un connecteur natif apporte du confort si l'éditeur supporte votre SIRH, mais il n'est pas indispensable.
La DSN suffit-elle pour calculer les sept indicateurs de la directive ?
Elle contient l'essentiel des données de rémunération. Selon le projet de loi de transposition, six indicateurs seraient d'ailleurs précalculés par l'administration à partir de la DSN. Le septième, l'écart par catégorie de travail égal ou de valeur égale, demande en plus une classification des postes que la DSN ne contient pas.
L'import de la DSN fonctionne-t-il avec tous les logiciels de paie ?
La DSN suit une norme commune, ce qui permet en principe de l'utiliser quel que soit le logiciel de paie. Vérifiez auprès de l'éditeur de l'outil d'analyse quelles versions et quels fichiers il accepte, et faites un test d'import.
Quelles données faut-il ajouter à la DSN ?
Principalement la correspondance entre les emplois et les catégories de travail de valeur égale, avec les critères retenus, et si besoin les éléments qui justifient objectivement certains écarts.
Les données de paie doivent-elles être nominatives ?
Non. Une analyse des écarts peut se faire sur des données pseudonymisées. Vérifiez où l'outil héberge et traite les données, et ce qu'il advient du fichier brut après l'import.
Combien de temps prend un premier import ?
Cela dépend surtout de la qualité des données. Avec une DSN complète, l'import lui-même est rapide ; le temps se passe à vérifier les données manquantes et à construire les catégories de valeur égale.
Sources
- Projet de loi de transposition de la directive (UE) 2023/970, dossier législatif du Sénat
- Directive (UE) 2023/970, EUR-Lex
- Transparence des salaires : règles et évolutions prévues, info.gouv.fr
- Documentation DSN, net-entreprises.fr
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. PariteCK est un outil d'aide à la décision.